Quatre ans après sa disparition, l’écho de Jean-Pierre Pernaut résonne encore au cœur de Paris. Le 2 mars réveille la mémoire d’un rendez-vous quotidien, celui du 13 heures, et d’un visage familier qui racontait la France des territoires avec une tendresse rare. En filigrane, un lieu chargé d’âme s’impose : la basilique Sainte-Clotilde, église de ses obsèques en 2022, aussi théâtre d’un autre moment fondateur : le mariage des Chirac en 1956. Entre cérémonie intime et scène publique, cette nef néo-gothique relie des funérailles empreintes d’émotion à une union devenue historique. Une passerelle singulière s’esquisse ainsi, comme un hommage discret à ces vies qui ont accompagné, chacune à leur façon, le quotidien des Français.
À l’heure où l’on cherche à rééquilibrer son quotidien, ces repères apaisants comptent : marcher jusqu’à cette église de la rive gauche, lever les yeux vers ses vitraux, se réapproprier son temps. Les cloches de Sainte-Clotilde ont réuni anonymes et personnalités lors des obsèques de Jean-Pierre Pernaut, rappelant une évidence : la mémoire collective se tisse d’instants précieux, de gestes simples et d’un regard bienveillant porté sur nos paysages, nos marchés, nos artisans. Dans ce sanctuaire parisien, l’émotion se fait boussole : elle invite à se reconnecter à soi, à honorer la continuité des histoires, et à préserver ce cocon intérieur où s’abritent nos attachements les plus profonds.
À Paris, la basilique Sainte-Clotilde : église des obsèques de Jean-Pierre Pernaut et lieu du mariage des Chirac
Le 9 mars 2022, à 11 heures, la basilique Sainte-Clotilde accueille les obsèques de Jean-Pierre Pernaut. L’abbé Alain de La Morandais officie, lui qui avait célébré son mariage avec Nathalie Marquay quinze ans plus tôt. Édifiée au XIXe siècle et élevée au rang de basilique mineure par Léon XIII en 1898, elle s’inscrit parmi les édifices les plus emblématiques de la rive gauche, familière des grandes pages de la vie publique.
Soixante-six ans auparavant, le 16 mars 1956, Jacques Chirac et Bernadette Chodron de Courcel s’y disaient oui. Ce même lieu relie dès lors deux scènes d’existence : une cérémonie nuptiale promise à la postérité politique, et des funérailles qui rassemblent une France reconnaissante envers un conteur du réel. Au-delà de l’anecdote, la basilique devient repère sensible, où l’intime et le collectif se rencontrent en douceur.
De la cérémonie funèbre à l’union des Chirac : un fil de mémoire nationale
Ce croisement entre mariage et obsèques dans la même église dit beaucoup d’une mémoire française qui s’abrite dans des architectures durables. Ici, les voûtes de Sainte-Clotilde offrent un écrin au temps long, rappelant que l’hommage rend aussi justice aux liens intergénérationnels que Jean-Pierre Pernaut mettait en lumière. Entre alliances échangées en 1956 et adieux en 2022, un souffle commun traverse le 7e arrondissement : celui d’une histoire partagée et apaisante.
Maladie, funérailles et hommage : le dernier chapitre de Jean-Pierre Pernaut
La fin de vie du journaliste est marquée par un combat discret. En 2018, un cancer de la prostate l’éloigne un temps de l’antenne ; en 2021, son épouse révèle une nouvelle épreuve, un cancer du poumon. En février 2022, à l’Hôpital européen Georges-Pompidou, après des AVC et une opération à cœur ouvert, il s’éteint le 2 mars 2022 à 71 ans. La France du déjeuner retient son souffle : 33 ans d’un 13 heures qui valorisait terroirs et artisans ont façonné un lien rare avec le public.
Lors des funérailles à Paris, la foule réunit confrères et figures publiques : Claire Chazal, Jean-Claude Narcy, Patrick Poivre d’Arvor, Cyril Hanouna, Karine Le Marchand, mais aussi Nicolas Sarkozy, Brigitte Macron ou Valérie Pécresse. Les hommages affluent : le 13 heures spécial de TF1, un documentaire dédié, et des messages officiels saluant un « journaliste extraordinaire ». Un moment d’empathie nationale qui rappelle la force d’un récit ancré dans le réel.
Visages et voix lors des obsèques à Paris : une foule reconnaissante
À l’extérieur, des badauds se massent devant la basilique, certains arrivés tôt pour déposer une fleur et se reconnecter à soi dans le silence. D’anciens téléspectateurs évoquent une présence rassurante, presque un rituel qui aidait à rééquilibrer son quotidien. Dans ce cadre, la télévision redevient artisanat du lien : elle tisse des souvenirs communs, de ceux qui aident à tenir dans les jours plus lourds.
Héritage vivant : les lieux qui perpétuent la mémoire de Jean-Pierre Pernaut
Inhumé au cimetière des Arches de Louveciennes, l’homme du 13 heures laisse une empreinte concrète. À Abbeville, la halle du marché porte désormais son nom ; à Amiens, l’office de tourisme a été rebaptisé en son honneur ; au siège de TF1, le plateau des journaux s’appelle désormais plateau Jean-Pierre Pernaut. En mars 2025, une halle inaugurée à Quevauvillers rappelle ses racines picardes, fil rouge de son œuvre.
- Louveciennes : recueillement au cimetière des Arches, pour un adieu au plus près de sa vie familiale.
- Abbeville : une halle de marché qui prolonge l’attention portée aux producteurs et aux gestes du quotidien.
- Amiens : un office de tourisme renommé, comme un clin d’œil à cette France des villes moyennes qu’il chérissait.
- TF1 : un plateau baptisé à son nom, pour transmettre son exigence et son respect du terrain aux nouvelles générations.
- Quevauvillers : une halle inaugurée en 2025, ancrage picard qui raconte des instants précieux de jeunesse.
Ces itinéraires de mémoire fonctionnent comme des parenthèses pour se réapproprier son temps. Ils invitent à une marche urbaine ou champêtre, à un hommage discret, et à un bain de réel qui fait du bien.
Dans le même esprit d’adieux médiatiques marquants, certains hommages ont récemment suscité un élan comparable, à l’image des adieux autour de figures populaires : voir par exemple ce récit sur un adieu en direct très commenté, ou encore ce témoignage bouleversant autour d’une icône de la chanson : les larmes d’un frère face au drame. Autant de récits qui rappellent combien le collectif sait se rassembler, avec délicatesse, autour de ses figures tutélaires.
De la nef de Sainte-Clotilde aux halles picardes, le parcours d’hommage esquisse une carte sensible de la France. Il encourage une mémoire active, simple et lumineuse, qui tient dans la main comme un bouquet de marché du samedi matin.
Journaliste spécialisée dans les questions sociétales et féminines, j’explore les dynamiques de genre et les évolutions culturelles impactant la condition des femmes. Mon parcours m’a conduite à collaborer avec divers médias engagés, où je m’efforce de donner une voix aux problématiques contemporaines et aux récits inspirants.
